Définition de ma philosophie

Il me semble qu’il y a différentes manières de juger la valeur d’une action par rapport à notre philosophie, avec deux positions extrêmes :

Évidemment, il s’agirait d’un spectre 👻: l’un tendant vers une sorte d’obscurantisme ou un·e humain·e peut assumer sans problème des positions totalement contradictoires. L’autre tendant vers une vision de monde inamovible, totalement sectaire.

J’ai l’impression de tendre vers la deuxième option, dans le sens où je conscientise beaucoup ma pensée. C’est pour ça que je souhaite exposer ici la base de cette vision du monde.

Qu’on soit clair, il ne s’agit pas d’une hypothèse que je tiendrais à distance pour l’évaluer, mais la manière dont je pense le réel. Parce que je pense l’idée du réel de cette manière, je crois que c’est une bonne description du réel. Et justement 🤓 ! Il faut entendre cette phrase au sens précis où je la comprends : croire n’est pas savoir, cf. Lequier « Quand on croit détenir la vérité, il faut savoir qu'on le croit, non pas croire qu'on le sait ». Il ne s’agit pas là de dire à d’autres ce que devrait être le réel pour eux.

D’ailleurs, et c’est un des aspects que j’adore, cette philosophie est réflexive (tu peux aller voir le dernier point pour comprendre). Elle peut aussi être utilisée “telle quelle”, sans supposer qu’elle définit le réel. Les conséquences ne s’appliqueront alors pas toutes.

Voici donc mon ontologie qui prétend décrire le réel. #jesuisfun

Ontologie

Réel

Il existe un réel objectif unique et causal.

Structure du réel

Le réel est régi par un ensemble de contrainte, qui le structure. Cette structure définit les relations possibles entre les états et les contraintes de transition.

Elle n’est pas dérivable des états eux-mêmes, mais conditionne leur organisation.

La structure du réel est continue : entre deux états, il existe toujours la possibilité d’états intermédiaires, et aucune séparation fondamentale ne constitue un saut discret irréductible.

La structure du réel est raffinable: entre deux interactions, il existe toujours la possibilité d’interactions intermédiaires, et aucune séparation fondamentale ne constitue un saut discret irréductible.

La première concerne la structure des états, la seconde la structure des interactions.

État

L’état est l’unité conceptuelle de description. Il est la définition d’une coupe descriptive du réel. Il est immergé dans le réel et n’est jamais isolé d’autres états par une séparation fondamentale. Il n’est pas un constituant fondamental du réel.

Interaction

Une interaction est une relation causale entre états, par laquelle un ou plusieurs états déterminent la transition d’un état vers un nouvel état selon les contraintes de la structure du réel.

Espace de transition

L’espace de transitions est l’ensemble des états possibles accessibles à partir d’un état donné selon les contraintes du réel.

Sémantiques dérivées

À partir de cette définition (et description) du réel, je peux définir des concepts dérivés, ne nécessitant pas d’ajouter de nouveaux axiomes.

Temps

La causalité induit un ordre entre les états, définissant une structure d’évolution. Cet ordre est raffinable au sens où toute transition peut être raffinée en transitions intermédiaires compatibles avec la structure du réel. Cet ordre est appelé temps.

Système

Un système est une organisation d’états reliés par des interactions dans la structure du réel. Il permet de décrire une évolution d’état comme une unité conceptuelle.

Théorie

Une théorie est un système ayant la capacité de définir un espace de transitions d’états possibles.

Modèle

Un modèle est une théorie dont les transitions d’états possibles sont compatibles avec celles permises par la structure du réel.

Puissance

La puissance est une propriété d’un système décrivant son impact relatif sur les transitions d’autres systèmes, telles qu’induite par les interactions définies dans la structure du réel.

Influence

L’influence est une propriété d’un couple dirigé de systèmes correspondant à la restriction de la puissance du premier système au second. Elle permet de décomposer la puissance globale en effets relationnels localisés.

Conscience

La conscience est un des systèmes générant des théories. Elle permet la construction d’abstractions utilisées pour prédire les interactions futures entre états.

Sujet

Le sujet (“je”) est l’activité d’une conscience particulière du réel, en tant que système inclus dans le réel.

Conséquence structurelle

Cette ontologie décrit un réel avec certaines propriétés particulières.

Essentialisme

Il ne peut exister d’essences. Les états étant des découpages descriptifs d’une partie du réel, ils ne peuvent être définis comme des propriétés intrinsèques au réel.

Toute “propriété” est une manière de décrire des relations dans la structure du réel.

Finalité

Un état ou un système ne possède pas de finalité intrinsèque, celle-ci étant une construction descriptive interne aux systèmes.

Libre-arbitre

Le libre-arbitre, compris comme capacité d’un système à être causalement indépendant de la structure du réel, n’est pas compatible avec cette ontologie.

Isolement

Puisqu'un état est une découpe descriptive du réel, que la structure du réel est continue et que les interactions sont fondamentales, aucun état (et aucun système) ne peut être totalement indépendant du reste du réel.

Identité

L’identité d’un état (ou d’un système) n’est pas une propriété fondamentale (intrinsèque) de celui-ci. Il dépend de la manière dont on découpe les états et les interactions.

Observateur extérieur

Tout observateur est dans le réel. Il ne peut donc être extérieur à tout système. Autrement dit, on peut toujours trouver un état qui contient cet observateur.

Faillibilisme structurel

Tout modèle suffisamment riche pour décrire le réel doit également pouvoir se décrire lui-même comme partie du réel. Cette réflexivité implique qu'il ne peut fournir une description complète de lui-même ni du réel dans lequel il est inclus.

Incomplétude des modèles

L’existence d’un observateur extérieur étant impossible, et la structure du réel étant continue, il est impossible pour un modèle de décrire l’ensemble des espaces de transition.

Non-séparabilité structurelle entre ontologie, épistémologie et politique

La séparation entre ontologie, épistémologie et politique est un outil descriptif utile, permettant de limiter les glissements réductionnistes. Cependant, ces niveaux ne sont pas fondamentalement indépendants : ils sont pris dans les mêmes contraintes structurelles et ne peuvent être isolés qu’approximativement.

Espace de ce qui est souhaitable

Si mon modèle du réel est correct, alors l’espace de mes désirs possibles est structurellement contraint. Certains ensembles de désirs deviennent instables ou incohérents avec les interactions que ce modèle décrit.

En tant que système inclus dans ce réel, certaines configurations de désirs tendent à être écartées au profit de configurations plus compatibles avec cette structure. Autrement dit, ce système n’est pas politiquement neutre, et aucun système ne l’est.

Statut de cette ontologie

Cette ontologie est un modèle : elle décrit de manière incomplète certaines transitions possibles entre états, telles qu’elles émergent de la structure du réel.